Une infrastructure verte pour l'Europe

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Stefan Leiner, Chef d'unité Biodiversité
Direction générale de l'environnement, Commission européenne

La stratégie de l’Union européenne en matière de biodiversité </a>vise à l’horizon 2020 la préservation et l’amélioration des écosystèmes et de leurs services. Dans ce cadre et parmi d’autres mesures, il est prévu de mettre en place une infrastructure verte et de rétablir les écosystèmes dégradés.

L’infrastructure verte est le réseau constitué de zones naturelles et semi-naturelles et d'autres éléments environnementaux faisant l'objet d'une planification stratégique, et destinés à fournir de multiples bénéfices, dits "services écosystémiques". En France, cela correspond à la Trame verte et bleue. En 2013, la Commission a adopté une stratégie européenne sur l’infrastructure verte afin de retenir une définition commune, d’encourager le développement de ce concept dans les différents États membres et de stimuler les investissements dans le capital naturel européen.

Les sites et fonctions du réseau Natura 2000 sont le fondement de l’infrastructure verte européenne. Il ressort du bilan de la législation Nature que, si les Directives jouent un rôle clé dans la stratégie de l’Union en matière de biodiversité, elles ne sauraient à elles seules permettre d’enrayer la perte de biodiversité d’ici à 2020. Le "plan d’action pour le milieu naturel, la population et l’économie" prévoit des mesures supplémentaires telles que l’élaboration de lignes directrices afin de soutenir le déploiement de projets d’infrastructures vertes à l’échelle de l’Union en vue notamment de renforcer la connectivité écologique des zones Natura 2000. Ces lignes directrices sont en cours de finalisation.

Un rapport technique sur le déploiement stratégique de l’infrastructure verte et la restauration des écosystèmes vient par ailleurs d’être publié. Il fournit des outils et des méthodes géomatiques sur la base d’études de cas à différentes échelles pour la cartographie et la mise en œuvre d’une infrastructure verte bien connectée, multifonctionnelle et transfrontalière.

Tous les rapports scientifiques récents, notamment ceux de la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) démontrent que, malgré les efforts réalisés jusqu’à présent, la perte de la biodiversité continue en Europe et dans le monde. Il sera donc essentiel d’accroître l’ambition européenne sur la biodiversité.

La Commission européenne initie une réflexion sur l’après-2020 et portera une attention particulière aux progrès des dernières années et aux meilleurs pratiques en matière de déploiement de l’infrastructure verte en Europe. Nous espérons que la France, forte de sa politique Trame verte et bleue, aura un rôle moteur en la matière.