La TVB est principalement conçue pour contrecarrer les effets de la fragmentation et de la destruction des habitats qui résultent des activités humaines et qui sont considérées comme des causes majeures de l’érosion de la biodiversité. En effet, la réduction de la taille des fragments d'habitats et l'augmentation de leur isolement réduisent, à long terme, la viabilité des populations d'espèces qui y vivent en raison de la réduction ou de la disparition des échanges entre populations. Ainsi, les corridors et la restauration des connectivités ont été identifiés comme principal moyen de limiter les effets des changements globaux, et en particulier les changements climatiques qui vont provoquer des changements géographiques des conditions bioclimatiques et ainsi forcer de nombreuses espèces à migrer afin de conserver des conditions favorables à leur cycle de vie.
La mise en place de la TVB, via notamment la restauration des connectivités, vise ainsi à faciliter les échanges d’individus et à entretenir un flux de gènes entre les différentes populations d’une même espèce. Pour autant, ces échanges dépendent de l'aptitude des espèces à se disperser et peuvent être facteur de dilution génétique selon certains chercheurs. A cet égard, les plantes sont le plus souvent enracinées et leur migration ne peut prendre la forme de celles observées chez les animaux. La nécessité d'une continuité écologique est donc moins évidente à appréhender en ce qui les concernent, et de fait, elles ont fait l'objet d'études moins nombreuses. Les quelques études ont parfois même montré qu’un même corridor pouvait d’une part, favoriser la pollinisation et la dispersion des graines et, d’autre part, augmenter la pression de prédation sur les graines par la faune utilisant les corridors pour se déplacer.
De plus, les échanges génétiques entre populations d'espèces végétales se passent à des échelles de temps longues et selon des modalités plus variées et plus complexes que celles opérées dans le règne animal. De ce fait, les plantes répondent lentement aux effets des changements globaux et du changement climatique en particulier. Une étude récente, parue dans la revue Nature Climate Change, montre d'ailleurs que ce sont les plantes (avec les amphibiens et les reptiles) qui sont le plus «à risque» car le rythme de leur capacité d'adaptation est plus lent que celui du changement climatique.