
Du côté des territoires...

« Qu’est ce qui se trame dans mon paysage ? » - le KIT Trame verte et bleue du PNR Loire-Anjou-Touraine
Selon que l’on se trouve sur le Val d’Anjou avec son réseau de canaux, de fossés et sa mosaïque agricole ou dans les forêts du Ruchard, près de Chinon, les milieux naturels et les espèces inféodées sont très différents. Pour accompagner les décideurs locaux dans la mise en place d’une Trame verte et bleue (TVB) cohérente avec le territoire mais aussi pour faciliter sa prise en compte dans les documents d’urbanisme, le PNR LAT a choisi de décrire les paysages et de regarder « ce qui fait trame ». C’est dans cette démarche d’appropriation que le KIT TVB a été réalisé. Il se base sur une méthode de cartographie simple à mettre en œuvre et adaptée aux moyens financiers, humains et matériels disponibles. Il comprend :
- Une notice méthodologique qui décrit les méthodes et les outils utilisés, les partenaires techniques ayant accompagné le Parc et les caractéristiques paysagères et naturelles du territoire ;
- Un plan général de la TVB du Parc (analyse SIG sur l’ensemble du territoire à l’échelle 1/25000e) qui met en avant les zones de continuités à préserver ou à renforcer ;
- 12 Fiches « Unités Paysagères » qui constituent un diagnostic des continuités écologiques.
Ces « Unités Paysagères » décrivent les caractéristiques paysages des territoires via des blocs-diagrammes, elles définissent un plan d’action par sous-trames (forêt, prairie, humide et aquatique, bocage) et elles identifient les acteurs qui peuvent œuvrer pour la préservation ou la restauration des corridors.
Ce Kit a été présenté en Comité syndical du PNR LAT, fin janvier 2015, lors d’ateliers participatifs sur la question des continuités écologiques. Après qu’un chercheur en écologie du paysage du Conseil Scientifique et Prospectif du Parc ait présenté les bases scientifiques de la TVB, les élus du Parc, en groupe, ont échangé sur les éléments paysagers qu’ils considéraient importants à préserver sur leur territoire.
Ce moment d’échange a permis aux élus de mieux connaître les enjeux de préservation de la biodiversité ordinaire avec les acteurs impliqués. Une sensibilisation sur le rôle du Parc dans la transmission des données et sur l’appui technique qu’il peut fournir auprès des bureaux d’études lors des révisions de documents d’urbanisme a aussi été faite.

Actualités nationales
Avancement du projet de loi pour la reconquête de la biodiversité, la nature et les paysages
Le projet de loi pour la reconquête de la biodiversité, la nature et les paysages a été adopté en première lecture de l’Assemblée nationale en mars dernier. Parmi les objectifs de ce projet de loi : la valorisation du patrimoine naturel et des paysages, la lutte contre les trafics des espèces protégées, la répartition équitable les ressources naturelles, la lutte contre le changement climatique. La création d’une Agence française pour la biodiversité, parrainée par Hubert Reeves, est également prévue dans la loi au 1er janvier 2016. Les débats reprendront au Sénat en juillet prochain. La ministre a par ailleurs annoncé un appel à projet eau et biodiversité d’un montant de 60 millions d’euros pour financer des projets innovants.
La rubrique des retours d'expériences du Centre de Ressources fait peau neuve !
La rubrique "Retours d'Expériences" du Centre de Ressources Trame verte et bleue change son interface.
Une cartographie interactive qui rassemble l'ensemble des fiches suivant la localisation géographique de l'action est maintenant disponible. Il est, par ailleurs, possible de trier les retours d'expériences en fonction du thème (agriculture, aménagement et documents d'urbanisme, espèces et habitats naturels, etc.), de l'échelle (nationale, régionale, etc.), de la Région ou encore du type d'action mis en oeuvre (concertation/médiation, sensibilisation/communication, formation, etc.).
A noter, un formulaire en ligne est à la disposition des porteurs de projet afin de contribuer à ce recueil.
Une nouvelle interface pour le Réseau Partenarial des Données sur les Zones Humides
Les zones humides sont des écosystèmes exceptionnels. A l'interface entre terre et eau, ils participent aussi bien à la Trame verte qu'à la Trame bleue. Le Réseau Partenarial des Données sur les Zones Humides a pour objectif de dresser une cartographie de ce milieu en France et de recenser les informations qui s'y rapportent (eau, environnement, acteurs, etc.) avec l'aide de ses partenaires. Une nouvelle interface de cartographie vient d'être mise en oeuvre par le réseau. Celle-ci comporte de nouvelles fonctionalités notamment sur la gestion de la transparence des couches d'informations, la recherche libre sur une donnée ou encore l'ajout de données existantes via les flux WMS.

ACTUALITÉS RÉGIONALES
État d'avancement des SRCE
Les dynamiques régionales se poursuivent :
- 9 SRCE ont été adoptés depuis l'automne 2013: Ile-de-France (21/10/13), Nord Pas-de-Calais (16/07/14), Rhône-Alpes (16/07/14), Basse Normandie (29/07/14), Haute-Normandie (18/11/14), Provence-Alpes Côte d'Azur (26/11/14), Alsace (22/12/14), Centre (18/12/14) et Midi-Pyrénées (le 27/03/15).
- L'adoption du SRCE de la région Bourgogne est imminente. Il a été approuvé par le Conseil régional en séance plénière le 16 mars dernier et a été présenté au Comité régional Biodiversité le 10 avril.
- L'enquête publique de la région Franche-Comté s'achève le 30/04/15. Celles de la Champagne-Ardenne et de la Bretagne sont en cours jusqu'à fin mai tandis que celle de l'Aquitaine se déroulera du 27 avril au 5 juin.
Dans toutes les régions, les travaux d'élaboration des SRCE se poursuivent activement. La totalité des régions de l’hexagone (y compris la Corse, dont le plan d’aménagement et de développement durable vaut SRCE) devrait être dotée d’un SRCE début 2016.
La Région Midi-Pyrénées approuve le SRCE
Le SRCE de la Région Midi-Pyrénées a été adopté en Midi-Pyrénées par arrêté du préfet de région du 27 mars 2015, après approbation par le Conseil régional le 18 décembre 2014. Il est consultable sur le site de la DREAL Midi-Pyrénées et du Conseil Régional.
Pour faciliter la mise en oeuvre de la démarche, la Région a mis en place depuis plusieurs années un accompagnement des porteurs de SCoT avec l'appui technique de l'agence régionale du développement durable (l'ARPE), d'abord pour la prise en compte de la TVB et désormais du SRCE. En 2010, un guide spécifique a été publié. Il est consultable sur le site de la DREAL."
La Région Poitou-Charentes incite les communes à s'engager en faveur de la Trame verte et bleue
Convaincue que la mise en oeuvre de la Trame verte et bleue ne peut se faire qu'avec l'implication des communes, la Région Poitou-Charentes propose des aides financières suivant deux niveaux d'engagement aux communes :
- Le Pass communal (niveau 1) pour une initiation à la Trame verte et bleue avec un engagement dans au moins quatre actions parmi les dix proposées (connaissance/information/sensibilisation, Gestion des espaces de la commune, Restauration des continuités écologiques aquatiques et terrestres) ;
- Le Plan d'Actions Communal Trame verte et bleue (niveau 2) qui est plus ambitieux et propose l'élaboration d'un Plan d'Actions construit sur mesure pour la commune. Il est constitué d'un diagnostic des enjeux, de l'écriture d'un plan d'actions et d'un accompagnement de la commune par une équipe technique spécifique.
Un élu de la région Alsace témoigne sur la mise en oeuvre de la Trame verte et bleue
J.C. Disel, maire de Thal-Marmoutier, en Alsace, est engagé en faveur de la Trame verte et bleue depuis le début de son mandat, en 2008. Il a ainsi démarré l'élaboration d'un PLU afin de contenir l'urbanisation et de classer les espaces naturels de sa commune. En parallèle, des actions de replantation de vergers hautes tiges ont été menées. Le SRCE de la région Alsace a rendu visible ce type d'initiatives, en faveur des "prés et vergers", sur le secteur du piémont des Vosges, ce qui a permis de fédérer les élus autour de la création d'un Réservoir de Biodiversité. Aujourd'hui, 12 communes se sont associées dans cette démarche sur le territoire.

Actualités locales
Les CPIE sensibilisent à la Trame verte et bleue
Le CPIE Flandre maritime a présenté les résultats des inventaires 2014 de la faune (espèces indicatrices du bon fonctionnement des continuités écologiques) de Coquelles : amphibiens, libellules, papillons, sauterelles et criquets sont présents en quantité deux à six fois inférieure à celle observée en Flandre. Pour impliquer les habitants dans la démarche Trame verte et bleue, une plaquette qui permet d'identifier et de présenter les habitudes des espèces a été éditée. Ces opérations, cofinancées par la Région et l’État, se font en lien avec les services techniques de la ville et l’association du Trèfle à quatre feuilles.
Le CPIE Val d'Authie a, quant-à-lui, proposé et animé un projet pour promouvoir les aménagements écologiques et le patrimoine naturel local et pour informer et impliquer le grand public, les élus et les partenaires locaux sur ces thématiques. Des posters et des plaquettes sur la réouverture de milieux, la pose de nichoirs, l'installation de haies et la valorisation des sentiers de Petite Randonnée ont été réalisés en concertation avec les acteurs locaux. Ce projet s'achève actuellement et a été financé par la Région Nord Pas de Calais, l’Europe, le Pays du Ternois, et le CPIE Val d’Authie (Je coule pour vous, la Gazette du CPIE Val d'Authie, n°46, février 2015).
Actions autour du bocage dans le Pays de La Châtre (Indre)
Après 2 ans de diagnostics et d'études de terrain, le Pays de la Châtre démarre la mise en oeuvre de sa Trame verte et bleue, à commencer par la zone du Boischaut-Sud. La première étape est de sensibiliser le grand public et les élus aux enjeux de biodiversité du territoire. Des actions en direction des scolaires mais aussi une démarche "Zéro pesticide", pour les communes volontaires, seront ainsi mises en oeuvre. L'objectif du projet est de concilier Trame verte et bleue et élevage dans les zones bocagères. La prise en compte des aspects écologiques et économiques (valorisation bois-énergie des haies, création d'un label de qualité) pour garantir un revenu régulier à l'agriculteur sera faite.
Bientôt un passage à faune sous l'A9
Un écoduc sous la chaussée de l'A9, à proximité de Roquefort-des-Corbières, au sein du Parc naturel régional de la Narbonnaise en Méditerranée, permettra bientôt à la petite et moyenne faune (blaireaux, renards, reptiles, etc.) de passer d'un côté à l'autre de l'Autoroute. L'identification de la Trame verte et bleue sur le territoire du PNR accompagnée d'une étude faite par des experts biodiversité de Vinci Autoroute ont permis de choisir de manière cohérente la localisation du futur ouvrage en faveur de la restauration des continuités écologiques sur le territoire. Le chantier a débuté le 2 février et se poursuivra jusqu'au 30 avril. Les travaux sont pilotés par Vinci Autoroutes et réalisés par le groupement d'entreprises Sogea-Gaxieu.
Un passage à faune identifié autour d'une ligne électrique dans l'Ariège
ERDF et la fédération départementale des chasseurs de l'Ariège travaillent ensemble pour mieux connaître la faune présente autour de la ligne électrique de 20 000 V qui dessert le poste de La Monge du haut à Coussa, entre deux bois et des prairies. Deux caméras infrarouges, disposées sur des arbres, ont ainsi été installées pour filmer le passage des animaux.
En quelques mois, des renards, des chevreuils, des sangliers, des lièvres, des lapins mais aussi une chouette au sol ont déjà été observés. Ces premiers résultats montrent, d'après Jean-Luc Fernandez, président de la fédération des chasseurs de l'Ariège, que « Ce corridor est intéressant pour le petit gibier qui a besoin de couvert et qui trouve là de quoi se nourrir ». Une réflexion sur la meilleure façon d'exploiter ces résultats, recueillis par les deux partenaires, est actuellement en cours.
Un programme LIFE pour préserver la moule perlière dans la Dronne
La rivière Dronne abrite 20% de la population française de moules perlières, espèce de plus en plus rare en France et sensible à la qualité de l'eau. Jeudi 12 février 2015, un programme LIFE, porté par le Parc naturel régional du Périgord-Limousin a démarré. Il aura pour objectif la préservation et la restauration de la continuité écologique de la haute Dronne. Deux actions majeures sont prévues en partenariat avec des scientifiques de l'Université de Bordeaux : l'identification des points de rupture qui empêchent l'écoulement naturel de la rivière accompagnée de propositions de scénarios d'aménagement pour restaurer la continuité écologique et la mise en place d'une ferme d'élevage de moules juvéniles pour leur réintroduction dans la rivière, d'ici à 5 ans.

ACTUALITÉS INTERNATIONALES
La mise en oeuvre de la Trame verte et bleue du Grand Montréal avance
La ville de Sainte-Julie, au Québec, a inauguré un nouveau tronçon de 3 km cyclable et pédestre, entre Oka et Mont-Saint-Hilaire. Il permet de relier les parcs Armand-Frappier et Desrochers, et de les mettre en réseau avec les autres parcs et espaces verts de la ville. Ce projet s'inscrit dans le cadre d'un des cinq grands projets de la Trame verte et bleue du Grand Montréal (Sentier, Parc de la rivière des Mille-Îles, Parc-plage du Grand Montréal, Corridor forestier du mont Saint-Bruno et Corridor forestier Châteauguay-Léry) et il a été financé par le ministère des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire, la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) et la Ville de Sainte-Julie.

Zoom sur........

La Trame verte et bleue mise en oeuvre par le Département de Seine-et-Marne
Le Département de Seine-et-Marne est engagé depuis 2005 dans l’élaboration d’un Atlas dynamique de la biodiversité. Ce projet, mené en partenariat avec le monde associatif et scientifique (MNHN, CNRS, Universités), a permis d’identifier les espaces et espèces à enjeux en Seine-et-Marne mais aussi les services offerts par la biodiversité et les menaces qu’elle subit. Ces travaux ont été publiés sous forme d’une collection de quatre ouvrages dédiés à la flore (2010), la faune (2012), aux milieux naturels et aux continuités écologiques (2013) et aux relations homme/nature (2015).
Fort de cette connaissance indispensable à l’identification de la Trame verte et bleue, le Département mobilise maintenant plusieurs de ses outils afin de la mettre en œuvre sur son territoire :
- la politique « Espace naturel sensible » pour les réservoirs de biodiversité ;
- l’outil « Plan départemental des itinéraires de promenade et de randonnée » qui permet aujourd’hui de protéger 6000 km de chemins ruraux ;
- la gestion écologique (zéro phytosanitaire, fauchage raisonné) de 4500 km d’accotements routiers.
L’originalité de la démarche seine-et-marnaise réside dans sa transversalité (interne au Département et externe), qui représente une des clés de réussite de ces actions. En effet, depuis le Grenelle de l’environnement, le bureau « réseaux naturels et biodiversité » travaille avec un nombre toujours croissant d’acteurs pour sensibiliser et accompagner le développement des continuités écologiques sur la Seine-et-Marne.
Des journées transversales d’information ou des formations sur la TVB ont été organisées à l’attention des services des routes, des bâtiments, de l’aménagement du territoire, etc. Le bureau « réseaux naturels et biodiversité » accompagne également les communes et leurs bureaux d’études pour décliner finement le SRCE à l’échelle des documents d’urbanisme (PLU, SCOT).
Enfin, des subventions éco-conditionnées, très incitatives, permettent de restaurer ou de (re)créer des éléments naturels du paysage (haies, mares, alignements, vergers, vieux murs à cavités, etc.) ou de retrouver des chemins disparus, ceci en partenariat avec les communes et leurs groupements ou avec des associations, ces dernières assurant le rôle indispensable du renouvellement de la sensibilisation sur le long terme.
Contact : Olivier Renault
Direction de l'Eau et de l'Environnement - Département de Seine-et-Marne
olivier.renault@departement77.fr

A consulter
De nouvelles fiches expériences à consulter
Retrouvez de nombreux retours d'expériences sur le site du Centre de ressources Trame verte et bleue!
Parmi les nouvelles fiches disponibles :
- Traversées de batraciens en Combe de Savoie (Détrier) et Maurienne (Aiguebelle)
- Batrachoduc du Gaumont
- Construction de passages à petite faune sous la route départementale 14
- Réalisation d’un franchissement routier à chiroptères sur l’entité écologique Camargue-Crau-Alpilles
- Reconversion d’un passage supérieur en passage à faune sur la RN184 (Val d’Oise)
- Rétablissement des continuités écologiques en passage inférieur sous l’A47 entre deux cours d’eau
- Création d’un corridor écologique en secteur urbanisé entre Strasbourg et Ostwald et amélioration du franchissement de l’obstacle que constitue la rue d’Ostwald
- Rétablissement des continuités écologiques sur des infrastructures de transport existantes en milieu urbain dense
- Aménagements en faveur de la reconquête du bassin-versant de la ria d’Etel
- Rétablissement de trois continuités écologiques en faveur des loutres et visons d’Europe en Marais de Rochefort
- TRANSFER - Analyse de la transparence écologique des infrastructures ferroviaires et préconisations
Comment intégrer la Trame Verte et Bleue dans les documents d'urbanisme et les opérations d'aménagement ?
Ce guide pratique est un outil pour mieux comprendre l’intérêt de la Trame verte et bleue et de la trame verte urbaine dans les documents d’urbanisme et les projets d’aménagement, depuis les phases d’études jusqu’à la réalisation des aménagements.
Il doit être utilisé pour l’élaboration des PLU et contribuer au maintien et au développement de la qualité du cadre de vie des habitants, de la biodiversité et des paysages.
Le PLU permet d’élaborer un projet communal de qualité, faisant de la Trame verte et bleue un élément structurant et intégrant les principes du développement durable.
Ce guide, qui présente un caractère technique, s’adresse principalement :
- aux élus, pour les aider à construire un projet communal autour de la Trame verte et bleue ;
- aux techniciens et aux bureaux d’études, pour leur apporter des méthodes et outils pratiques dans leur mission d’accompagnement des collectivités pour la mise en oeuvre des projets d’aménagement ;
- aux aménageurs auxquels il appartient, dans leur mission de maîtrise d’oeuvre, d’intégrer des mesures pour la biodiversité et le cadre de vie dans les projets d’aménagement.
Réflexions en vue de l'application de la Trame verte et bleue aux tourbières
Les tourbières sont généralement peu intégrées dans les réflexions et dispositifs autour de la Trame verte et bleue. Dans quelle mesure le concept et l'utilité de la mise en réseaux, en trames, s'appliquent-ils aux tourbières? Quelle implication pour les Trames vertes et bleues ? Une étude, réalisée par la Fédération des Conservatoires d'espaces naturels et le Pôle-relais tourbières, sur le sujet a été faite. Elle comprend : un rappel des concepts (connectivité, trames, ...) et de la démarche de la TVB en France, pose des questions telles que : les tourbières sont-elles des espaces naturellement ponctuels ? Leur isolement favorise-t-il la spéciation ? Faut-il les connecter ? ... L’étude examine aussi les échanges possibles entre tourbières proches ou lointaines et les implications de ces échanges. Le cas de certains groupes d’espèces est abordé et les aspects sociologiques, la qualité des milieux et leurs évolutions font l’objet de notes. Ce sont ensuite des cas concrets qui sont abordés, en France et en Suisse. Enfin, des conclusions sont proposées et des pistes de recherche esquissées.
Réflexions en vue de l'application de la Trame verte et bleue aux tourbières
Restauration de la continuité écologique : Quels sont les outils ?
La plupart des animaux présents dans les cours d'eau, notamment les poissons, ne reste pas dans un seul habitat lors de leur cycle biologique et effectue des migrations à la recherche de sites de reproduction ou de nourriture. Actuellement, l’effectif des populations d'eau douce aurait diminué en moyenne de 76% en seulement 40 ans (WWF, 2014). L’une des causes d’altération est la rupture de la libre circulation des animaux par la construction de barrages et de seuils. Ayant pris conscience de ce phénomène, le concept de «continuité écologique» visant à remettre en état les cours d’eau et à revitaliser les populations animales est apparu. Ce rapport bibliographique est préliminaire au Séminaire Eau sur la «Restauration de la continuité écologique : quels sont les outils ? » (février 2015). Il réunit les informations sur la continuité écologique en France, les démarches à effectuer pour la restauration des milieux, les règlementations et aides financières existantes à ce jour.
Panorama des services rendus par les écosystèmes d'eau douce en France
Le Comité français de l’UICN publie une brochure sur les services rendus par les écosystèmes d’eau douce en France, complétant le panorama réalisé pour l’ensemble des écosystèmes français. Il vise, sur la base des connaissances scientifiques et d’exemples concrets, à mieux connaître les services rendus par les écosystèmes pour sensibiliser les différents acteurs à l’importance de préserver la biodiversité sur notre territoire.
Panorama des services rendus par les écosysèmes d'eau douce en France
Fiche outil - Pourquoi et comment intégrer l'agriculture biologique dans une Trame verte et bleue ?
La TVB peut être une opportunité pour mettre en œuvre un projet de développement local durable autour de l'agriculture biologique sur le territoire, avec pour finalité la préservation de la biodiversité et de ses trames, mais également la qualité de l'eau, le développement économique, les circuits de proximité, la création de paysages culturels...
Retrouvez dans cette fiche, réalisée par la Fédération Nationale d'Agriculture Biologique, des éléments de réflexion sur l'intégration de l’agriculture biologique en réponse à la protection de la biodiversité et des continuités écologiques.
Protocole de recensement des collisions entre la faune sauvage et les véhicules: proposition d’un socle commun
De 2009 à 2014, un protocole de recensement des collisions faune/véhicule, développé par le MNHN-SPN, a été mis en œuvre sur le réseau de la DIR Est.
A partir de cette expérience, ce rapport propose un socle commun simplifié afin de rendre ce protocole plus opérationnel et de laisser la possibilité à toutes les DIR de l’appliquer autant qu’à d’autres structures désireuses d’étudier les points de conflit faune/route (associations, conseils généraux, ...).
Un second rapport présentera la méthodologie d’analyse des données collisions afin de détecter des points de conflits faune/route.
ALTERBIO-PACA : Aménagement des territoires et biodiversité
Le projet de recherche et de développement ALTERBIO « Aménagement à long terme du territoire et biodiversité », coordonné par le bureau d’étude G2C Ingénierie, en collaboration avec l’IRSTEA (Institut national de recherche en sciences et technologies pour l'environnement et l'agriculture), l’IMBE (Institut méditerranéen de biodiversité et d'écologie marine et continentale), et Eco-Med, vise à développer des outils d’aide à la décision pour la prise en compte des Trames vertes et bleues dans les documents d’urbanisme et les projets d’aménagements.
La théorie des graphes paysagers et les travaux de modélisation des déplacements d’espèces offrent de nouvelles approches opérationnelles de conservation et de restauration des continuités écologiques. Ces analyses permettent notamment de prioriser les aménagements de conservation de la biodiversité en identifiant les zones clés du réseau écologique, de cibler les opérations de restauration en évaluant en amont leur efficacité, ou encore de comparer les impacts de scénarii d’aménagement sur le réseau écologique.
La vallée de l'Oise en toutes lettres
L’exercice de planification agit dans un cadre normé, réglementaire et préalablement défini ; il répond à des objectifs précis qui laissent peu de place à l’innovation, la recherche de nouvelles pistes de développement, l’exploration d’idées neuves pour améliorer le quotidien ou les conditions de vie des habitants. C’est le pourquoi de cet Abécédaire. L’agence d’urbanisme s’est en effet donné pour mission de recenser 26 sujets d’avenir pour la vallée, prétextes à 26 domaines de réflexions et de préoccupations qui correspondent à autant de sujets et de projets pour la vallée pour les années à venir.
Parmi cet Abécédaire, la lettre C comme continuité écologique ou comment la mettre en oeuvre sur un territoire ?
La Trame verte et bleue à l'échelle de la Communauté d'Agglomération de Saint-Omer
L’étude Trame Verte et Bleue du Pays de Saint-Omer, pilotée par l’Agence d’Urbanisme et de Développement de la Région de Saint-Omer, a été lancée mi-2011. Cette étude a été menée en plusieurs étapes : une phase de diagnostic (vision partagée du territoire) qui prend en compte les enjeux environnementaux et les activités humaines et qui a permis d'établir une photographie de l'existant tout en identifiant les coeurs de biodiversité du territoire ; une phase pour définir les axes stratégiques d'interventions et les corridors écologiques ; un programme d'actions avec les modalités de mise en oeuvre de la Trame verte et bleue du Pays. L'ensemble de la démarche a été mise en oeuvre par concertation continue avec les acteurs locaux (profession agricole et élus).
La Trame verte et bleue à l'échelle de la Communauté d'Agglomération de Saint-Omer
Vidéos : Le Grand Genève se mobilise pour revitaliser ses corridors biologiques
La région très urbanisée du Grand Genève est particulièrement concernée par la préservation des corridors biologiques. C'est pourquoi, elle a décidé de mettre en place des contrats Corridors Transfrontaliers, qui sortent des frontières d'un pays, et qui ont pour objectif la préservation et la restauration des corridors biologiques. Les premiers contrats ont été adoptés en 2012. En 2013, une mesure était déjà concrétisée. Pour une meilleure sensibilisation et communication autour de ces actions, le Grand Genève a réalisé trois vidéos sur le sujet :
- La nature retrouve son droit de passage (témoignage de P. Baumgart, naturaliste)
- Corridors biologiques : les artères de la nature (témoignage de P. Baumgart, naturaliste)
- Contrat Corridors : un nouvel élan pour la nature (témoignage de B. Gaud, ancien élu du territoire du Grand Genève)
Présentations du séminaire : Comment mobiliser l'action publique pour la mise en oeuvre de la Trame verte et bleue ?
Ce Séminaire mixte chercheurs / praticiens s'est tenu le 27 mars 2015 et a été organisé à l’initiative du Ministère de l’écologie, du développement durable et de l’énergie et du Ministère de l’agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt, avec l’appui d'Irstea. Il avait pour objectif de faire émerger des questions partagées entre acteurs et chercheurs sur le thème de la mobilisation de l'action publique pour la mise en œuvre de la Trame verte et bleue.
Présentations du colloque international : Quand la nature dépasse (enfin) les bornes !
Le colloque international sur les corridors biologiques, baptisé «Quand la nature dépasse (enfin) les bornes !» s'est tenu les 30 et 31 mars 2015 à Divonnes-les-bains.
Différentes thématiques ont été abordées pour présenter les résultats des expériences les plus innovantes et mesurer la valeur ajoutée des nouveaux outils utilisés pour rétablir les continuités écologiques.
Actes des 10e Journées des pratiques du développement durable sur la Trame verte et bleue
Pour cette édition axées sur la Trame verte et bleue et sa mise en oeuvre, l'Agence régionale de l'environnement de Haute-Normandie (AREHN), s'est entourée d'un comité partenarial et à proposer une journée de colloque et une journée de visites sur le terrain en septembre et novembre 2014. Des articles sont disponibles sur le sujet : "Bilan du colloque Trame verte & bleue" et "La Trame verte et bleue à l'honneur de l'Educ'tour 2014" mais aussi des vidéos, témoignages et documents techniques qui en retracent les temps forts.
Séminaire de clôture de l’appel à projets "Rétablissement des continuités écologiques sur les infrastructures de transport existantes"
Les infrastructures linéaires de transport peuvent avoir de forts impacts sur les continuités écologiques par effet de rupture ou de morcellement. La DGALN/DEB a souhaité soutenir en 2011 et 2012 la réalisation de projets de rénovation d’infrastructures de transport (routes, voies ferrées, voies d’eau) permettant en particulier la résorption de points noirs « biodiversité » identifiés dans le cadre des politiques publiques en faveur de la biodiversité ou d’évaluations environnementales.
Le séminaire de clôture de cet appel s’est tenu le 4 décembre 2014 dans les locaux de Sciences Po Lille. Cette journée était organisée en 3 sessions thématiques (outils, temps long, action politique) agencées autour de questions transversales.
Actes du colloque sur les écosystèmes estuariens : quels enjeux pour la biodiversité ?
Transitions entre eaux douces et eaux marines, les estuaires sont exploités par un grand nombre d’espèces. Sites de reproduction ou nourriceries pour des poissons, escales migratoires ou zones d’hivernage pour les oiseaux, habitats privilégiés pour certains végétaux..., les estuaires apparaissent déterminants pour la préservation de la biodiversité. Le colloque sur "les écosystèmes estuairiens : quels enjeux pour la biodiversité ?" s'est tenu à Royan, le 29 et 30 janvier 2015. Un total de 32 communications orales ou affichées ont permis aux équipes de recherche, naturalistes, décideurs et gestionnaires impliqués de travailler plus avant dans une logique de synergie, de cohésion et de complémentarité.

Du côté de la recherche...
L’indice de dispersion moyen des communautés. Un possible outil d’évaluation de l’efficacité de la politique Trame verte et bleue ?
Le travail présenté dans ce rapport a pour objectif d’initier une réflexion pour la construction d’un indicateur basé sur la répartition d’espèces, en explorant la possibilité :
‐ d’utiliser les données de répartitions issues de la science participative (programme STOC) en réalisant notre calcul directement à l’échelle nationale,
‐ de recourir à l’indice de dispersion moyen des communautés (CDI) comme indicateur de sensibilité des communautés à la fragmentation des paysages pour ajouter une dimension fonctionnelle à la démarche.
Evaluation des conséquences d'aménagements d'infrastructures sur les déplacements des animaux. Définition et expérimentation d'un modèle de simulation agent
Les éléments du paysage influencent les déplacements de la faune. Pour identifier les obstacles et les lieux favorables au passage, les études s’appuient sur des suivis de localisations d’animaux ainsi que sur des données de description de l’environnement spatial. L’objectif de l'étude a été de simuler des déplacements d’animaux (renard, chevreuil et cerf) dans l’espace, en situation connue puis modifiés par des aménagements. Le modèle tend à confirmer l’effet de barrière d’une grande infrastructure de transport, effet diminué avec la mise en place d’un corridor écologique. Alors que la route a pour conséquence de limiter les déplacements, le corridor favorise le parcours de l’espace et permet des traversées en des points précis. Ces résultats montrent l’intérêt d’un modèle pour prévoir l’efficacité de mesures de préservation de la faune sauvage, telle la Trame verte et bleue.
Évaluation des données de télédétection pour l'identification et la caractérisation des continuités écologiques
Dans les paysages fragmentés, le mouvement est un processus clé à la survie de la faune et de la flore. Il est facilité par une connectivité importante entre les éléments du paysage tels les corridors écologiques, particulièrement intéressants et efficaces. Le principal objectif de cette thèse est d’évaluer l’intérêt des images THRS pour identifier et caractériser les éléments du paysage agricole potentiellement constitutifs des corridors écologiques. Les résultats montrent que les images radar permettent de quantifier le degré d’ouverture de la canopée des haies, indicateur évalué d’un point de vue écologique. L’apport des séries temporelles d’images radar pour améliorer les modèles biologiques sur la distribution de la biodiversité dans les paysages agricoles a également été montré. Enfin, de nouvelles métriques de connectivité qui intégrent des informations dérivées de données de télédétection ont été développées et se sont avérées pertinentes d’un point de vue écologique.
La Trame verte dans les exploitations agricoles. Une approche socio-agronomique des pratiques et des représentations d’agriculteurs dans le Grésivaudan (Isère).
L'article présente les résultats du projet PASSAGES (programme de recherche DIVA3 du Ministère en charge de l’écologie). L'objectif est d’identifier les pratiques et représentations des agriculteurs vis-à-vis des éléments semi-naturels pouvant participer à la constitution d’une trame verte, et de cerner la place et le rôle de ces éléments dans le fonctionnement des exploitations agricoles. L’originalité de ce travail est de prendre en compte une variété d’éléments semi-naturels, productifs et non productifs, et de s’intéresser, dans une approche socio-technique, aux pratiques des agriculteurs et aux raisons qui les motivent. Les résultats suggèrent que la mise en œuvre de la Trame Verte à l’échelle locale devrait être adaptée aux différents profils d’agriculteurs rencontrés.
Trame Verte et Bleue, SRCE, PLU,… Autant de mots qui occupent les collectivités, les urbanistes et autres professionnels des territoires depuis quelques années. Mais qu’en est-il pour les citoyens qui observent cela de loin, en surfant sur le site de leur Région ou en recevant des invitations pour des réunions publiques ? Pourquoi et comment les impliquer dans les concertations autour de ces sujets ?
Pour répondre à ces questions, une journée d’échanges nationale sur « Le rôle de l’implication citoyenne dans la Trame Verte Bleue » a été organisée le 8 avril. La Fondation Nicolas Hulot s’est associée à cette journée car l’engagement citoyen pour la nature est un de ses projets phare. En effet, elle a créé, en 2010, la première plateforme nationale du bénévolat nature « J’agis pour la nature » et co-anime depuis 2012, avec l’UNCPIE, le Collectif National Sciences Participatives - Biodiversité. La Fondation observe donc régulièrement des exemples de projets où les citoyens sont impliqués dans la co-construction de projets d’aménagement de leur territoire (Les Blongios) ou dans l’évaluation des effets de sa fragmentation (Picardie Nature). Les exemples présentés lors de cette journée convergent tous vers les mêmes enseignements pour le territoire :
- L’implication citoyenne est nécessaire pour une meilleure compréhension et acceptation
des projets d’aménagement ;
- Elle permet de valoriser les savoirs et savoirs-faire des habitants ;
- Elle permet un rapprochement convivial entre tous les acteurs (même s’il y a parfois des désaccords, on arrive très souvent à un consensus) ;
De l’avis de tous, également, les outils mis en œuvre pour concerter et co-construire sont très importants : être concret, avoir des animations ludiques (faire appel aux souvenirs des habitants), aller sur le terrain et, surtout, ne pas oublier des temps conviviaux (repas, goûters, etc.).
Cette journée a donné une nouvelle façon de voir la mise en œuvre de la TVB et énonce les futurs possibles de l’implication des citoyens dans l’aménagement et la préservation de leur territoire. Quand on sait que le nombre de Français bénévoles dans une association, en France, est passé de 11,5 à 12,5 millions, entre 2010 et 2013, et que 80% d’entre eux sont de plus en plus motivés par des actions concrètes (mais pour autant ponctuelles pour 92% des bénévoles)1, il y a là un vivier de gens à satisfaire !
Et cet élan de mobilisation semble également être souhaité par la population pour faire face aux changements climatiques, en effet « près de deux Français sur trois (62 %) se disent prêts à agir à leur échelle en adoptant des gestes au quotidien susceptibles de réduire les émissions de gaz à effet de serre ». De bon augure en cette année cruciale pour le climat avec l’accueil de la COP21 à Paris en décembre 20152.
1 La France bénévole en 2014, 11ème édition – Mai 2014, Recherche et Solidarité
2 Étude de l’institut BVA pour le compte de Place to B, 19 mars 2015