Edito

La Trame verte et bleue, un outil de reconquête de la biodiversité pour Muttersholtz

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Patrick BARBIER
Maire de Muttersholtz

Capitale française de la biodiversité 2017, la commune de Muttersholtz agit depuis 10 ans en faveur de la Trame verte et bleue. À l'origine de tout cela ? L'enthousiasme de Patrick Barbier, son maire, à qui nous donnons la parole.

La Trame verte et bleue est une démarche qui permet la reconquête progressive d’espaces écologiques, notamment en contexte d’agriculture intensive. C’est ce que nous expérimentons à Muttersholtz, commune de 2000 habitants située dans la riche plaine agricole d’Alsace. Petit à petit, patiemment, au gré des opportunités foncières, nous reconstituons un maillage d’infrastructures agro-écologiques : ripisylves le long des cours d’eau, corridors prairiaux, chapelets de mares, ceintures de vergers, haies champêtres, culture biologique…

Les instruments utilisés sont multiples : compensation écologique dans le cadre du remembrement agricole, gestion des terrains communaux, dialogue territorial dans l’aire d’alimentation de captage, travaux de génie écologique pour les cours d’eau et les zones humides fortement financés par l’Agence de l’eau Rhin-Meuse et la Région Grand-Est, emplacements réservés dans le plan local d’urbanisme, baux environnementaux, exonération de taxe foncière et priorité à l’agriculture biologique sur les terres communales, atelier associatif de jus de pomme, projet d’espace naturel sensible…

C’est une banalité de le dire mais cela doit être répété : la clé de la réussite de toute politique publique, particulièrement dans un domaine aussi complexe que celui de la biodiversité, réside dans la constance de la volonté politique sur plusieurs années, la connaissance du terrain et le dialogue entre les acteurs.

À Muttersholtz, la municipalité s’appuie sur le système d’information géographique pour avoir une vision claire des terrains communaux et de leurs usages. Elle s’adjoint également des compétences associatives comme celle de la Ligue pour la protection des oiseaux en matière d’expertise naturaliste. Ce partenariat a abouti à une véritable feuille de route cartographiée pour les projets de renaturation.

Le dialogue territorial doit être permanent, notamment avec les acteurs principaux que sont les agriculteurs. Rien ne peut se faire sans leur adhésion ou au moins leur compréhension des enjeux. Dans un contexte économique difficile, ils sont à la recherche de nouvelles solutions pour exercer leur métier. La commune dispose de leviers pour aider à cette recherche : mobilisation d’aides et de conseils agri-environnementaux, participation citoyenne, impulsion de plan alimentaire territorial (développement des circuits courts), diversification agrotouristique ou énergétique.

Au bout de ce travail collectif quotidien, nous pouvons témoigner que l’espoir n’est pas vain : à Muttersholtz, modestement mais sûrement, la biodiversité regagne du terrain !

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Du côté des territoires...

Cours supérieur du Tavignanu
Antoine Orsini
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Faciliter la résilience des rivières corses au changement climatique

Les rivières corses sont en danger, impactées par le changement climatique, l’augmentation moyenne des températures et le changement des régimes hydriques. Cela n’est pas sans conséquence pour le peuplement piscicole et notamment des espèces endémiques. Des solutions existent pour permettre aux rivières corses d'être plus résilientes à ces changements. L’une d’elles est le rétablissement de la continuité écologique.

Les impacts du changement climatique sont à l’œuvre sur les rivières corses

En Corse, la température moyenne annuelle de l’air a augmenté, depuis 1970, d’environ 1°C sur le littoral et de plus de 2°C au-dessus de 500 mètres d’altitude. Cette évolution impacte la ressource hydrique notamment au niveau du débit des cours d’eau, dont la baisse atteint 20 à 30 % depuis le milieu des années 80. Dans le cours supérieur des rivières, la température de l’eau en été dépasse 25 °C.

Au cours d’un cycle hydrologique, les événements extrêmes - étiages et crues - ont une fréquence et une amplitude plus grandes. La durée de l’étiage estival est passée de trois à cinq mois depuis le milieu des années 80. Le régime hydrologique des cours d’eau de Corse a varié d’un régime pluvio-nival méditerranéen à un régime pluvial méditerranéen en raison de la réduction du manteau neigeux en montagne. Les prélèvements destinés à l’alimentation en eau potable, notamment en lien avec le développement touristique et l’agriculture, viennent renforcer les effets du changement climatique sur la ressource en eau.

Des conséquences écologiques quantifiables

Les poissons sont très sensibles à l’augmentation de la température de l’eau. Elle entraîne des modifications au niveau de leur reproduction et de leur croissance, ce qui induit une modification de l’aire de répartition des espèces. Les conséquences écologiques se traduisent par un changement des limites altitudinales des organismes aquatiques, notamment des espèces endémiques. Les organismes d’eau froide se cantonnent au cours supérieur des rivières tandis que les organismes d’eau chaude remontent les cours d’eau, en relation avec l’augmentation de la température de l’eau.

Un panel de solutions

Il existe des solutions afin d’atténuer les impacts du changement climatique sur les poissons. La préservation et la restauration du bon fonctionnement des milieux aquatiques permet notamment d’augmenter leurs capacités de résilience face à ces modifications. Cela passe par le rétablissement de la continuité écologique, l’amélioration de la qualité des eaux, la gestion des ripisylves qui créent ombrage et caches, la mise en place d’une gestion durable de la pêche et la lutte contre les introductions d’espèces exogènes.

Des programmes d’actions ont été validés sur plusieurs cours d’eau, pour les bassins versants du Taravu, de la Gravona et du Prunelli. Les déclarations d’intérêt général permettront aux maîtres d’ouvrage - respectivement la collectivité de Corse, la communauté d’agglomération du pays ajaccien et la communauté de communes Celavu Prunelli - de pouvoir intervenir sur les cours d’eau et leurs berges. Ces opérations sont principalement consacrées à la restauration et à l’entretien de la végétation aquatique et rivulaire ainsi qu’à la gestion des embâcles. Elles apporteront un gain écologique significatif, favoriseront les capacités de résilience des milieux aquatiques et contribueront à la réduction des risques d’inondation. De tels programmes d’actions sont également en cours sur les bassins versants du Tavignanu et du Reginu.

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Inventaire piscicole © Antoine Orsini
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Le Tavignanu à Corté au pied de la citadelle © Antoine Orsini

Contacts
Antoine ORSINI - Maître de conférences, Université de Corse - orsini_a [@] univ-corse.fr

Julia CULIOLI - DREAL Corse
julia.culioli [@] developpement-durable.gouv.fr

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Actualités Internationales

I.S. Rivers : consultez les résumés des interventions

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La 3e conférence internationale I.S. Rivers "Recherches et actions au service des fleuves et grandes rivières" s'est déroulée à Lyon du 4 au 8 juin dernier. I.S. Rivers s'intéresse aux différentes dimensions et visions des systèmes fluviaux : physiques, écologiques et humaines (gouvernance, économie et culture). Consultez le programme et les résumés des interventions.

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Actualités nationales

À vos claviers : enquête sur vos besoins sur la Trame verte et bleue

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Animer le réseau des acteurs de la Trame verte et bleue, apporter un appui technique, produire et mettre à disposition des ressources techniques et scientifiques sont les piliers de l'action du Centre de ressources. Pour améliorer la connaissance de vos besoins, et ainsi mieux y répondre, le Centre de ressources vous propose une enquête en ligne.

Cette enquête s'adresse à l'ensemble des acteurs concernés par l'élaboration et la mise en oeuvre de la Trame verte et bleue : collectivités territoriales, services de l'Etat, associations, bureaux d'études, aménageurs, établissements publics, entreprises, organismes de recherche etc.

Vos réponses nous aiderons à améliorer et à compléter notre offre en matière de publication, de formation, de journée d’échanges etc. Nous vous invitons donc à prendre quelques minutes pour y répondre et à la diffuser autour de vous. L'enquête est disponible jusqu'au 13 juillet 2018.

Le Centre de ressources TVB a besoin de vous !

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Dans le cadre du Centre de ressources TVB, Irstea mène actuellement deux projets sur les outils de télédétection et sur la modélisation du déplacement des espèces pour lesquels nous sollicitons une contribution des acteurs de terrain.

Appel à retours d'expériences sur l'utilisation des outils de télédétection
Un état des lieux des données relatives à la télédétection pour l’élaboration ou le suivi de projets de TVB est en cours : images satellites, radar, lidar...  Des retours d'expériences sont recherchés afin d'alimenter cette étude et une prochaine journée d'échanges techniques.

Appel à testeurs pour le plugin QGIS sur la méthode des "perméabilités des milieux"
Un plugin QGIS (open-source) est en cours d'élaboration. Cet outil permettra d'appliquer la méthode des "perméabilités des milieux" - aussi appelée "coûts cumulés de dispersion" - pour la cartographie de la TVB. Si vous avez déjà appliqué ce type de méthode ou envisagé de le faire, sans être un expert en SIG, vous pouvez tester les premières versions !

Merci de contacter Jennifer Amsallem : jennifer.amsallem [@] irstea.fr - 04 67 54 87 75.

Lancement de la deuxième édition du Prix du génie écologique

Après le succès de la première édition en 2014, l’Association fédérative des acteurs de l’ingénierie et du génie Ecologiques (A-IGEco), l’AFB et la Direction de l’eau de la biodiversité du ministère de la Transition écologique et solidaire lancent la deuxième édition du Prix du génie écologique. Les projets proposés devront s’inscrire dans l’une des sept catégories existantes, parmi lesquelles l'amélioration de la continuité écologique. Les candidatures sont à adresser avant le 31 juillet.

Le Prix "Infrastructures pour la Mobilité, Biodiversité & Paysage"

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Le Prix "Infrastructures pour la Mobilité, Biodiversité & Paysage" est organisé depuis 2010 par l'Institut des routes, des rues et des infrastructures pour la mobilité (IDRRIM). Il vise à récompenser les meilleurs projets réalisés, en France ou à l'international, par les acteurs impliqués dans la conception, la construction, la requalification et l'exploitation des infrastructures de mobilité en faveur de la biodiversité. Le concours couvre 7 thématiques, dont celle des continuités écologiques sur les questions de transparence écologique des infrastructures et de prise en compte de la TVB. Les dossiers sont à déposer avant le 4 septembre 2018.

Appel à projets "Initiatives pour la reconquête de la biodiversité en Outre-Mer"

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L’Agence française pour la biodiversité (AFB) se mobilise pour soutenir et renforcer les acteurs et réseaux ultramarins engagés en faveur de la biodiversité terrestre, aquatique et marine. Jusqu’au 1er septembre 2018, associations, collectivités, gestionnaires d’espaces naturels, acteurs économiques sont invités à candidater. Une occasion pour trouver des financements pour vos projets de préservation et de restauration des continuités écologiques.
L’appel à projets s’articule autour des quatre objectifs suivants :
1. Maintenir ou restaurer le bon état des milieux naturels et des fonctionnalités écologiques
2. Conserver les espèces, de faune et de flore sauvages prioritaires pour l’action publique, et leurs habitats
3. Assurer un usage durable et équitable de la biodiversité à toutes ses échelles
4. Contribuer à la connaissance partagée et à l’éducation de la nature

L'Aubrac devient le 53e Parc naturel régional

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L’Aubrac vient d’être classé Parc naturel régional le 23 mai 2018. Territoire de forte qualité écologique, ses continuités écologiques y sont globalement préservées, fonctionnelles et peu fragmentées. À travers son axe 1 dédié à la préservation, la gestion et la valorisation des patrimoines naturels, paysagers et culturels, la charte du Parc identifie le réseau écologique du territoire à préserver constitué par les sous-trames agro-pastorale, forestière, de landes, de milieux humides et aquatiques. Cette dernière est la plus impactée, avec la présence d'aménagements hydro-électriques d’envergure. Pour le reste, l’essentiel des pressions correspond à l’urbanisation et aux infrastructures de transport en périphérie des principales agglomérations. La mise en œuvre de la charte du Parc permettra d'agir pour limiter ces pressions et d'accompagner la prise en compte des continuités dans les documents d'urbanisme.

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Actualités régionales

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Provence-Alpes-Côte d'Azur

Appel à propositions "Réduire la pression sur la biodiversité en intervenant sur les TVB"

La Région Provence-Alpes-Côte-d’Azur, en tant qu’autorité de gestion des fonds européens sur le territoire, ouvre un appel à propositions "Réduire la pression sur la biodiversité en intervenant sur les trames vertes et bleues" au titre du FEDER-FSE. Doté d’une enveloppe de 9,3 millions d’euros, l’appel à propositions cible :

  • les équipements et les travaux favorisant la perméabilité des infrastructures linéaires,
  • les actions opérationnelles de protection des espèces et des habitats, les dispositifs de gestion des milieux et des usages,
  • l’acquisition d’espaces présentant un intérêt écologique pour les trames.

Deux dates de dépôt des candidatures sont proposées : le 12 octobre 2018 et le 19 décembre 2018.

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Pays de la Loire

Lancement du club de "Mécènes du patrimoine naturel des Pays de la Loire"

Encourager le mécénat d’entreprises sur des projets de restauration du patrimoine naturel et des continuités écologiques, tel est le souhait de la Région des Pays de la Loire et de la délégation régionale de la Fondation du patrimoine. Le monde de l’entreprise doit être acteur de la préservation de la biodiversité. S’appuyant sur leur expérience en faveur de la restauration et la mise en valeur du patrimoine bâti non protégé, Région et Fondation du patrimoine ont donc créé un club de "Mécènes du patrimoine naturel des Pays de la Loire". Celui-ci s’est réuni pour la première fois le 22 mai dernier. Il vise à soutenir des actions concrètes en faveur de la biodiversité régionale et des continuités écologiques identifiées au titre du Schéma régional de cohérence écologique (SRCE).

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Occitanie

Des plantations de haies dans le cadre du programme Corribior

Corribior (Corridors pour la biodiversité ordinaire) est un projet régional, conduit et animé par les fédérations des chasseurs et les opérateurs de l'arbre et de la haie champêtre et soutenu dans le cadre de la mise en œuvre du Schéma régional de cohérence écologique (SRCE). Il se base sur une démarche participative promue au sein de six sites pilotes en Occitanie : le Lauragais (Haute-Garonne), la Lomagne Gersoise (Gers), la Vallée de l'Adour (Gers), la Vallée du Lot (Lot), le Plateau Cordais (Tarn) et le territoire Garonne et terrasses (Tarn-et-Garonne). De nombreux projets participatifs de plantations de haies ont ainsi été menés l'hiver dernier et ce printemps.

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Bretagne

Outils régionaux pour accompagner la mise en œuvre de la TVB

La Région Bretagne dispose de plusieurs outils pour accompagner la mise en œuvre de la TVB. Tout d’abord, il y a les Contrats nature – parmi lesquels le Contrat nature trame verte et bleue  - qui sont des documents-cadre d'actions pour des projets pluriannuels sur une durée de deux à quatre ans. Les programmes de ces contrats sont constitués d'opérations cohérentes concourant toutes au même objectif, celui de la préservation et de la reconquête du patrimoine naturel et de la biodiversité. Ils doivent répondent aux objectifs stratégiques du SRCE et peuvent contribuer à soutenir d'autres thématiques.

De plus, le dispositif "Identification et mise en œuvre d'actions en faveur des continuités écologiques" financé par le Feader et mis en place par la Région. Il vise à accompagner financièrement les démarches d'identification des continuités écologiques, de définition de plans d'actions et de mise en œuvre d'actions de préservation et de remise en état de la TVB. Les dossiers sont à déposer avant le 10 septembre.

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Actualités locales

Le ruisseau de Cubes coule à nouveau à ciel ouvert à Châteauneuf-les-Bains

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À Châteauneuf-les-Bains, le ruisseau de Cubes coule à nouveau à ciel ouvert. Au cœur du Puy-de-Dôme, le ruisseau de Cubes avait été enfoui sous une route et sous une usine. Dans le cadre de son projet de réaménagement du bourg, la commune de Châteauneuf-les-Bains a souhaité remettre ce cours d'eau à ciel ouvert afin de permettre aux truites de remonter le ruisseau pour frayer. Ce projet, lauréat des trophées de l'eau Loire-Bretagne 2017 organisés par l'Agence de l'eau, a conduit à recréer un nouveau lit pour la rivière au travers des parcelles acquises par la commune. La restauration du cours d'eau a mobilisé des techniques végétales et minérales en fonction des contraintes des différentes parties du ruisseau. En trois ans, les résultats sont spectaculaires : le ruisseau s'est stabilisé et la végétation s'est implantée spontanément.

Plusieurs communes des Deux-Sèvres impliquées sur les continuités écologiques

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De nombreuses communes des Deux-Sèvres s'impliquent dans la mise en œuvre de la Trame verte et bleue avec l'appui de l'association Deux-Sèvres Nature Environnement, basée à Niort. Par exemple, la commune de Saint-Gelais a engagé un programme d'actions sur six sites à préserver. La Peyratte cherche à faire revenir les chauves-souris et Fors restaure son réseau de mares.

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Zoom sur...

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Collision de la faune sauvage sur les routes : un protocole national pour mieux connaître la fragmentation

Les routes et autoroutes contribuent à la fragmentation des habitats. L’identification des points de conflits entre le réseau routier et les réseaux écologiques nécessite la mise en place d’un protocole standardisé au niveau national. Cette démarche est en cours de développement depuis quelques années. Le projet Comercar permettra d’évaluer l’efficacité de ce protocole.

Des données de mortalité pour identifier les continuités écologiques non fonctionnelles

Les infrastructures de transport, en particulier routes et autoroutes, engendrent une fragmentation des continuités écologiques. Celle-ci peut provoquer une mortalité directe d’animaux sauvages par collision. Ces données de mortalité sont particulièrement utiles car elles peuvent permettre d'identifier les continuités écologiques non fonctionnelles. Inventorier et analyser les données de collisions est donc un moyen de préciser des zones de conflits et de prioriser ensuite des mesures de restauration, par exemple par la construction d’un passage à faune. Les données permettront aussi d'alimenter des projets de recherche pour améliorer les méthodes de récoltes de données de collisions ainsi que leur analyse.

Vers un protocole standardisé

Plusieurs initiatives de recensement des collisions existent localement en France. Pour envisager des analyses de données plus fiables et à grande échelle, un protocole national de relevé des collisions faune / véhicules a été proposé aux Directions interdépartementales des routes (DIR) par le Museum national d’histoire naturelle (UMS Patrinat), sur la base des premières expériences menées en DIR Est et en DIR Ouest, avec l'appui local du Cerema.

Les agents patrouilleurs chargés de l'entretien des routes notent les cadavres d'animaux repérés sur la chaussée lors de leurs passages quotidiens. Trois informations sont récoltées : l'espèce (ou groupe d'espèces lorsque l'état de l'animal ne permet pas une identification précise), la date et la localisation précise de la collision. Depuis 2015, cinq nouvelles DIR (Centre-Est, Nord-Ouest, Méditerranée, Atlantique et Centre-Ouest) ont décidé de mettre en œuvre le protocole sur leur réseau routier et près de 27 000 nouvelles données de collisions ont ainsi pu être relevées.

Les groupes d'espèces les plus impactés sont les oiseaux (25 % des collisions), les renards (20 %), les mustélidés (20 %) et la grande faune, cervidés et sangliers (15 %). Les espèces les plus rencontrées concernent la faune de moyenne et grande taille, ce qui peut s'expliquer par une détection plus aisée des cadavres.

Le projet Comercar

Un projet Comercar est mené actuellement par le Cerema Sud-Ouest en partenariat avec l'UMS Patrinat, dans le cadre du programme ITTECOP 2017. Ce projet a pour but de comparer les protocoles de relevés des collisions et de tester plusieurs méthodes d'analyse des données. Sur deux tronçons pilotes du réseau de la DIR Ouest, un écologue a effectué un recensement des collisions lors de passages mensuels en voiture. En parallèle, les agents de la DIR Ouest ont effectué leurs relevés quotidiens des collisions dans le cadre du protocole. Les deux jeux de données pourront être comparés afin notamment d'évaluer l'efficacité du protocole national.

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Passage à faune dans le Cantal - © Laurent Mignaux - Terra
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Agenda

du11 septembre
jusqu'au15 septembre
Eindhoven (Pays-Bas)

Conférence internationale Infra Eco Network Europe (IENE)

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La prochaine conférence IENE (Infra Eco Network Europe) aura lieu du 11 au 14 septembre 2018 à Eindhoven aux Pays-Bas et aura pour thème "Crossing borders for a greener and sustainable transport infrastructure". Le réseau IENE offre une plate-forme indépendante, internationale et interdisciplinaire d’échanges et de développement d’expertise ayant pour objectif de promouvoir un réseau d’infrastructures de transport pan-européen sûr et écologiquement soutenable.

du18 septembre
jusqu'au20 septembre
Montpellier

Formation "Trame verte et bleue : méthodes appliquées en information géographique"

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AgroParisTech organise à Montpellier une formation sur la connaissance et la mobilisation des données, outils et méthodes pour cartographier une Trame verte et bleue.

du16 octobre
jusqu'au19 octobre
Alençon et ses environs

Formation "Mise en œuvre de la Trame verte et bleue : le maillage bocager"

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Les paysages bocagers constituent des espaces particulièrement favorables à la biodiversité et aux continuités écologiques : réseaux de haies, mares, prairies sont autant d'habitats pour la flore et la faune. Cette formation vise à approfondir le rôle du maillage bocager dans la Trame verte et bleue, tout en veillant à la conciliation des usages.

du11 décembre
jusqu'au12 décembre
Montpellier

Formation "Découvrir la Trame verte et bleue"

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Cette formation sur deux jours a pour but de renforcer l'appropriation de la politique Trame verte et bleue et son déploiement sur les territoires. Elle vise à mieux appréhender les enjeux de préservation des continuités écologiques terrestres et aquatiques.

 

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À consulter

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Trame verte et bleue : la continuité écologique en marche dans les territoires

L’objectif de ce numéro de la revue "Sciences eaux et territoires" est de prendre du recul par rapport au déploiement de la Trame verte et bleue aux différentes échelles du territoire. Le dossier contient notamment une analyse critique de l’élaboration des SRCE, dont les conclusions pourront servir de base à l’élaboration des futurs SRADDET (Schémas régionaux d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires).

La politique Trame verte et bleue se traduit par de nombreux projets de réalisation et de restauration de continuités écologiques portés par des acteurs d’origines variées - instituts de recherche, collectivités territoriales, opérateurs privés de l’énergie, bureaux d’étude… -  dont ce numéro se fait l’écho.

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Actes du séminaire "Espace de biodiv’, Trame verte et bleue : de la planification régionale à la construction d’une stratégie territoriale"

Les actes du séminaire "Espace de biodiv’, trame verte et bleue : de la planification régionale à la construction d’une stratégie territoriale" restituent les temps forts de la journée organisée par la Fédération nationale des Conseils d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement (FNCAUE) le 6 février dernier à Montpellier. Cet événement a rassemblé près de 150 participants. Les actes restituent les temps forts de ce séminaire de clôture de l’appel à manifestation d’intérêt (AMI) lancé en juillet 2016 et détaillent les actions déployées sur le terrain.

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Construire des indicateurs nationaux sur la pollution lumineuse

L’UMS PatriNat a engagé une première réflexion dans la perspective de construire des indicateurs nationaux liés à la pollution lumineuse. Ces indicateurs devront permettre d’alimenter l’Observatoire national de la biodiversité (ONB). Le cas échéant, ils pourraient aussi être transposables à des échelles régionale ou locale. Le présent document constitue une pré-étude qui vise à amorcer le travail sur les indicateurs de pollution lumineuse en mettant par écrit des premiers éléments de réflexion et des propositions, à mettre en débat et à approfondir.

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Utilisation des données floristiques pour élaborer des continuités écologiques et alimenter la Trame verte et bleue

Le Conservatoire botanique national du bassin parisien (CBNBP) a réalisé une synthèse des études qu’il mène depuis plusieurs années sur la thématique des continuités écologiques. Cette synthèse a permis de définir une méthodologie standardisée et déclinable à plusieurs échelles spatiales, d’élaboration de continuités écologiques à partir de données flore et végétation. La méthode a été appliquée sur une quarantaine de trames définies par le CBNBP. Les couches SIG qui en découlent devraient bientôt être mises à disposition pour de futures études sur les continuités écologiques.

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Décliner la Trame verte bleue dans les PLU et PLUi - Guide pratique

Les PLU(i) constituent des leviers essentiels pour mettre en œuvre la fonctionnalité écologique du territoire. Ce guide synthétique à l’intention des communes, des intercommunalités et de leurs prestataires, est conçu pour aider les collectivités à construire leur projet TVB en prenant en compte les données existantes à l'échelle supra-territoriale.

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Obligation réelle environnementale (ORE)

Les obligations réelles environnementales (ORE) constituent un nouveau dispositif foncier de protection de l’environnement. Dispositif volontaire et contractuel, il repose sur la seule volonté des acteurs. Inspirées d’outils présents dans plusieurs pays anglo-saxons, les ORE impliquent des personnes morales de droit privé comme public ainsi que des personnes physiques. Elles permettent à tout propriétaire d’un bien immobilier de mettre en place, s’il le souhaite, une protection environnementale attachée à son bien. Elles viennent ainsi compléter les outils juridiques de protection de la biodiversité existants.

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Collectivités et biodiversité : vers des initiatives innovantes

À travers cette étude, le Comité français de l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) propose aux territoires une "boîte à idées" pour favoriser, notamment à travers la valorisation d’expériences innovantes, la poursuite et le renforcement de leur implication en faveur de la préservation de la biodiversité.

Cet ouvrage fait également un point synthétique sur les principales compétences des collectivités en matière de biodiversité, et sur la nouvelle gouvernance territoriale qui les accompagne, suite aux récentes évolutions législatives.

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La biodiversité en ville dense

Dans le cadre du programme ECOVILLE de l'Agence Nationale de la Recherche (ANR), des entreprises et des chercheurs d'horizons différents ont voulu comprendre et tester le concept de biodiversité en ville dense. Paris a été étudiée comme ville test, avec l'ambition de transposer et d'élargir ces enseignements à d'autres villes. Les résultats apportent un regard nouveau sur la végétalisation de la ville, comment elle est perçue, sur quoi elle se construit, ce qui la fragilise. Ils ouvrent aussi de nouvelles voies de recherche et d'application pour le développement d'une autre relation aux espèces végétales et animales dans la ville.

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Du côté de la recherche...

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Les inventaires généraux de la biodiversité en France et dans le monde

Ce rapport a pour objectif de dresser un état des lieux des inventaires généraux de la biodiversité en France et dans le monde et de fournir un retour d’expérience sur les initiatives les plus abouties. Un inventaire général de la biodiversité ou All Taxa Biodiversity Inventory (ATBI) est un processus d'inventaire coordonné de l'ensemble des espèces présentes dans un espace donné. Cette étude se base sur la consultation d’une soixantaine de documents (articles scientifiques, littérature grise, sites internet) et sur des échanges avec plusieurs dizaines de scientifiques en France et dans le monde.